Consommation - Nos commerces font face à des nouvelles dynamiques de consommation : disposez-vous des bons indicateurs ?

Décryptage - Comprendre l’évolution de la consommation pour piloter votre stratégie commerciale : derrière l’effet inflationniste, les comportements d’achat évoluent, les arbitrages budgétaires s’intensifient et certains secteurs gagnent du terrain quand d’autres décrochent.
En 2025, les ménages gersois disposent d’un potentiel de consommation estimé à 1,177 milliard d’euros.
Un chiffre en hausse de 14 % depuis 2020… mais qui masque une réalité plus contrastée : en volume, la consommation recule.
Derrière l’effet inflationniste, les comportements d’achat évoluent, les arbitrages budgétaires s’intensifient et certains secteurs gagnent du terrain quand d’autres décrochent.
Comprendre ces mouvements n’est plus une option : c’est une condition essentielle pour anticiper les fragilités commerciales, identifier les opportunités et adapter les stratégies de développement commercial.
La dépense commercialisable représente le potentiel annuel de consommation des ménages résidant sur une zone donnée.
Elle est calculée à partir des éléments suivants :
- la dépense moyenne France par ménage 2023 (source INSEE),
- les Indices de Disparité de la Consommation (source CCI France),
- le nombre de ménages par commune en 2025 dans le Gers
La consommation des ménages dans le Gers
En 2025, le potentiel de consommation des ménages gersois est estimé à 1 177 millions d’euros.


Ce potentiel a augmenté de 14 % depuis 2020, soit +146 millions d’euros.
Deux principaux facteurs expliquent cette évolution :
- la hausse du nombre de ménages (4 %) et
- l’augmentation des dépenses induites par le taux d’inflation (10 %).
Dans le Gers , 53 % de cette dépense est consacrée aux produits alimentaires.
La progression des dépenses alimentaires (+15 %) est 3 fois plus soutenue que les dépenses non-alimentaires (+5 %). La part de l’alimentaire augmente au détriment du non-alimentaire.
Mais , cette évolution est en trompe-l’oeil : au global, en euros constants, les dépenses baissent de 2 %. Une baisse portée par l’alimentaire (-4 %), le non-alimentaire restant stable.
Les ménages achètent moins de biens de consommation courante en quantité. L’augmentation apparente des dépenses est uniquement liée à la hausse des prix, et non à une hausse réelle des volumes achetés
Évolution des dépenses des ménages par produit

Évolution de la consommation des ménages français entre 2018 et 2023
Source : AID Observatoire sur la base des données INSEE : « Consommation effective des ménages par produit en 2023 »
Ce graphique présente l'évolution de la consommation des ménages en France entre 2018 et 2023, avec deux indicateurs :
- En valeur (en bleu) : qui prend en compte l'inflation.
- En volume (en jaune) : qui reflète la consommation réelle hors inflation.
Analyse par famille de produits : impact de l'inflation et changement dans les habitudes de consommation des ménages
Produits Alimentaires : l'impact de l'inflation
L'évolution en valeur s'élève à +15 %, l'évolution en volume à -9 % . La forte hausse des prix alimentaires (notamment sur les produits de base comme les viandes, les produits laitiers et les légumes frais) explique la progression en valeur malgré une baisse des quantités achetées.
Les ménages ont réduit leurs volumes d'achat pour limiter l’impact de la hausse des prix. Les fruits, légumes et produits laitiers subissent une forte inflation, amplifiant la chute des volumes.
Équipement de la personne : les ménages donnent la priorité aux dépenses essentielles
L'Évolution en valeur s'élève à -1 %, l'évolution en volume à -7 %. Avec la hausse des prix générale, les ménages ont réduit leurs achats de vêtements et accessoires, considérés comme moins prioritaires.
Les tendances vers une consommation plus responsable et la popularité du marché de seconde main ont également freiné les ventes de vêtements neufs.
Le secteur la bijouterie/horlogerie profite d’un regain d’intérêt pour les accessoires haut de gamme et les investissements durables.
Exemples marquants : -15 % en volume pour l’habillement enfant, ce secteur étant fortement impacté par la baisse de la natalité et la montée du marché de l'occasion.
Équipement du foyer : l'effet post-covid est toujours visible sur le numérique
L'évolution en valeur s'élève à +3 %, l'évolution en volume à -0,3 %. Les achats en téléphonie et équipements multimédias restent bien orientés (+10 % en volume), portés par la digitalisation des usages (télétravail, streaming, gaming…).
Les dépenses jugées non essentielles comme la décoration, l’art de la table ou le linge de maison reculent fortement (–12 % en volume), sous la contrainte du pouvoir d’achat.
Bricolage Jardinage Fleurs : un effet inflation très marqué
L'évolution en valeur s'élève à +14 %, l'évolution en volume à -6 %
Le besoin d’aménager son logement et ses espaces extérieurs a fortement stimulé les dépenses sur la période. La hausse du prix des matériaux et des produits de jardin se traduit par une progression en valeur malgré un recul des quantités achetées. Le « faire soi-même » demeure une pratique dynamique, mais accompagnée d’arbitrages sur les quantités achetées.
Biens Culturels, Loisirs, Sport : forte reprise après la crise sanitaire
L'évolution en valeur s'élève à +9 %, l'évolution en volume à +3 %.
Après les restrictions sanitaires, les ménages ont massivement repris leurs dépenses de loisirs, favorisant les équipements sportifs, les livres et les jeux vidéo.
La popularité du « home entertainment » a stimulé les loisirs à domicile : ventes de jeux, consoles et livres.
Exemples marquants : +29 % en valeur et +16 % en volume pour les articles de sport. -29 % en volume pour la presse, en raison de la baisse continue du lectorat papier
En résumé ,
Les dépenses alimentaires augmentent fortement en valeur mais reculent en volume à cause de l’inflation. L’équipement de la personne et le bricolage jardinage fleurs souffrent de la baisse du pouvoir d'achat et d'arbitrages budgétaires.
Les produits de culture et les loisirs émergent comme le seul secteur où la consommation réelle progresse, témoignant du besoin de bien-être et de divertissement des ménages
Comment ces tendances nationales et départementales se traduisent-elles concrètement sur votre territoire ?
Votre commune gagne-t-elle ou perd-elle des parts de marché ?
Quels secteurs résistent ? Lesquels s’érodent ? Quelle est l’ampleur de l’évasion commerciale vers les pôles voisins ou le e-commerce ?
La CCI du GERS met à disposition des collectivités et porteurs de projet des analyses fines 2019–2025 par bassin de vie et par commune, des indicateurs d’emprise commerciale, d’évasion, et des analyse sectorielles détaillées pour éclairer vos décisions.
Équipez-vous de données fiables et territorialisées pour construire une stratégie commerciale adaptée à vos enjeux locaux.
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Contact CCI :
Catherine MAIRE - Responsable de l'information économique - 05 62 61 62 72 -c.maire[@]gers.cci.fr
