L’activité économique gersoise fragilisée par les tensions géopolitiques internationales

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Baromètre de conjoncture des entreprises 1er trimestre 2026 et premières tendances 2ème trimestre 

 

Un environnement économique national fragilisé 

Selon la dernière note de conjoncture de l’INSEE (mars 2026), l’économie française évolue dans un contexte marqué par : 

  • une croissance modérée, estimée à +0,2 % par trimestre au 1er semestre 2026
  • un regain d’inflation, qui devrait dépasser 2 % au printemps, sous l’effet notamment des tensions énergétiques
  • une dégradation du climat économique, avec un indicateur du climat des affaires à 97, sous sa moyenne de long terme
  • une confiance des ménages en repli, traduisant des inquiétudes sur le pouvoir d’achat et l’évolution des prix 

Dans ce contexte, la croissance française « résiste mais se fragilise », sous l’effet combiné : 

  • des tensions géopolitiques
  • de la hausse des coûts (énergie, travail)
  • et d’une demande intérieure plus incertaine 

Ce cadre macroéconomique pèse directement sur les entreprises

 

L’activité économique gersoise ralentit

 

 

Au 1er trimestre 2026, les soldes d’opinion sur l’évolution du CA des entreprise indiquent une dégradation par rapport au trimestres précédent. L’activité des entreprises gersoises affiche une volatilité plus marquée qu’au niveau régional . 

Les chefs d’ entreprise gersois font état d’une visibilité à court terme limitée au niveau des carnets de commande

Au niveau national, près de la moitié des entreprises déclarent des contraintes de demande élevées

 

 

Des tensions persistantes sur la situation financière 

 

 

Les soldes d’opinion relatifs à la trésorerie et aux marges se dégradent dans le Gers comme au niveau régional. Cette fragilité s’explique notamment par la hausse des coûts (énergie, intrants …) et la difficulté à répercuter les hausses de prix

Au niveau national, l’INSEE souligne une compression des marges des entreprises, liée au regain d’inflation

 

Un marché du travail résilient mais attentiste 

L’indicateur d’opinion sur l’emploi dans le Gers reste globalement stable au 1er trimestre avec une posture prudente des chefs d’entreprise sur leurs prévisions d’embauche au 2ème trimestre.

 Au niveau national, le chômage repart légèrement à la hausse (7,9 % fin 2025) : les entreprises restent prudentes face aux incertitudes économiques . 

 

Stabilisation attendue au 2e trimestre 2026 

Les chefs d’entreprise gersois laissent anticipent une activité globalement stable ou en légère amélioration avec une poursuite des tensions sur la trésorerie et une stabilité de l’emploi.

Ce scénario rejoint les prévisions nationales d’une croissance faible mais positive au 2e trimestre 2026.  

 

 

 

Des facteurs d’incertitude  

 

 

 

Les principaux risques identifiés sont la poursuite des tensions inflationnistes, l’érosion du pouvoir d’achat des ménages ainsi que la faible visibilité économique. 

Dans ce contexte l’indicateur de confiance en l’avenir de l’entreprise se détériore sur 3 mois . 

 

Une forte externalisation des causes d’inquiétudes

 Les motifs d’inquiétude cités par les entreprises gersoises relèvent majoritairement de facteurs exogènes (conjoncture internationale, géopolitique, inflation, énergie, décisions publiques … ), tandis que les motifs d’espoirs sont plus souvent internes à l’entreprise (fidélité clients, carnet de commandes, positionnement, passion du métier). 

 

Construction , BTP  : un secteur en tension 

 

 

 

Motifs d’inquiétude

  • Gel ou recul des marchés, perte de visibilité, reports de projets.
  • Hausse des coûts : matériaux, énergie, carburants, charges.
  • Contexte géopolitique et politique jugé instable, avec un sentiment d’absence de soutien public.
  • Difficultés de recrutement, notamment pour les entreprises de plus de 10 salariés. 

Motifs d’espoirs : 

  • La fidélisation des clients,
  • La capacité à répondre aux besoins existants,
  • L’espoir d’un maintien de l’activité locale via les commandes publiques.

 

Commerce (détail et BtoB) : un commerce de proximité résilient mais fragile

 

 

 

Motifs d’inquiétude : 

  • Baisse du pouvoir d’achat, recul ou prudence de la consommation.
  • Inflation généralisée et difficultés à absorber ou répercuter les hausses.
  • Dépendance forte aux flux de clientèle (centre-ville, tourisme, mobilité). 

Motifs d’espoirs : 

  • Fidélité de la clientèle et relation de proximité.
  • Saisonnalité positive (vacances d’été, festivals).
  • Pour certains, adaptation commerciale (digitalisation, diversification). 

 

Industrie (transformation, fabrication, agroalimentaire, imprimerie) : des motifs très contrastés selon les entreprises 

 

 

Motifs d’inquiétude : 

  • Hausse des matières premières et de l’énergie.
  • Difficulté à répercuter les coûts sur les prix de vente.
  • Dépendance à des marchés spécifiques (papier, agricole, export EU).
  • Incertitudes liées aux crises internationales et aux régulations

Motifs d’espoirs :  

  • Avance technologique et investissements passés (automatisation, modernisation).
  • Positionnement concurrentiel solide, parts de marché gagnées. 

 

 

Hôtels – Cafés – Restaurants et hébergement touristique : un secteur dépendant de facteurs conjoncturels ( météo …) 

 

 

Motifs d’inquiétude :

  •  Faible pouvoir d’achat des clients, arbitrages défavorables aux loisirs.
  • Inflation des charges, coûts énergétiques et alimentaires.
  • Crainte d’une baisse de la fréquentation touristique, mobilité contrainte (coût des carburants)
  • Manque de personnel qualifié, notamment en restauration

Motifs d’espoirs : 

  • Saisonnalité estivale (vacances, météo, festivals).
  • Espoir d’un recentrage du tourisme sur la France.
  • Développement d’événements ouverts au public 

 

 

Services (transport, conseil, informatique, sécurité, loisirs…) : un secteur hétérogène où les entreprises structurées semblent mieux armées 

 

 

Motifs d’inquiétude :

  • Conjoncture générale incertaine, budgets clients restreints.
  • Recrutement difficile ou inadéquation des compétences.
  • Coûts réglementaires et RH.
  • Dépendance aux volumes d’activité de secteurs clients (agriculture, tourisme). 

Motifs d’espoirs : 

  • Carnets de commandes remplis pour certaines structures.
  • Positionnement marché clair, détermination managériale.
  • Espoirs liés à la formation des jeunes et à la structuration des compétences

 

Analyse par taille d’entreprise 

TPE (0 à 9 salariés)  :

  • Plus forte exposition aux hausses de charges et à la baisse de la demande.
  • Perte de confiance des chefs d’entreprise
  • Espoirs principalement externes (été, clients, paix, baisse des charges). 

PME (10 à 19 salariés) :

  • Inquiétudes toujours fortes, mais des motifs plus opérationnel : recrutement, organisation ...
  • Davantage de leviers internes perçus. 

PME structurées (20 salariés et plus) : 

  •  Inquiétudes davantage stratégiques (marchés, matières premières, énergie).
  • Espoirs clairement liés au positionnement concurrentiel, à l’investissement et à la confiance clients.
  • Plus grande capacité de projection. 

 

Ce baromètre du 1er trimestre 2026 met en évidence :

  •  un climat d’inquiétude particulièrement marqué dans les TPE,
  • une résilience différenciée selon la taille et le niveau de structuration,
  • des espoirs qui reposent moins sur la conjoncture que sur  la fidélisation des  clients, l’investissement passé, l’ancrage local, et la contribution touristique. 

 

Impact de la crise au Moyen - Orient sur les entreprises d'Occitanie 

 

Influence du conflit sur l’activité 

Une majorité d’entreprises  d'Occitanie anticipe un impact : près de 85 % déclarent « oui, certainement » ou « oui, probablement ». 

Le sentiment est légèrement plus marqué dans la construction que dans les services. 

Échéance de l’impact anticipé 

 

Pour plus d’une entreprise sur deux, l’impact est déjà visible. Les autres s’attendent à des effets à court terme (semaines ou mois).

Impacts sur la demande / carnets de commandes

 

Environ 80 % des entreprises évoquent une dégradation de la demande , dont une part non négligeable une forte dégradation, notamment dans le commerce et la construction. 

 Approvisionnements – accès à certains produits 

 

Les difficultés d’accès sont largement anticipées, surtout dans l’industrie et la construction. Toutefois, une part significative des services et de l’HCR ne constate pas encore d’impact. 

 Approvisionnements – délais de réception 

Les délais sont perçus comme de plus en plus contraints, mais l’impact est moins uniforme que pour l’accès aux produits : certains secteurs (HCR, services) restent à ce jour, relativement épargnés.  

Approvisionnements – coûts des intrants (hors énergie) 

 

La hausse des coûts est une préoccupation majeure : plus de 70 % des entreprises anticipent une dégradation, avec un effet très marqué dans la construction

 Approvisionnements – coûts de l’énergie

 C’est l’un des points de tension les plus forts : près de 9 entreprises sur 10 anticipent une hausse des coûts énergétiques, souvent jugée sévère. 

 Ajustement des investissements : un prudence généralisée

 

 

La moitié des entreprises n’avaient pas d’investissements prévus à court terme , et parmi les autres, la tendance dominante est le report total ou partiel. Très peu envisagent d’augmenter leurs investissements. 

Prévisions d’activité pour 2026 

 

Un climat attentiste : environ 40 % revoient leurs prévisions à la baisse, tandis qu’une majorité relative choisit de les maintenir. Les perspectives à la hausse restent marginales.

 

Source : Baromètre de Conjoncture  des entreprises d'Occitanie -  

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