Restrictions d’usage de l’eau potable dans le Gers : passage en "Alerte renforcée" pour les zones Adour et Système Neste

Compte tenu de la dégradation rapide de la situation hydrologique et de l'absence de précipitations significatives annoncées, la préfecture du Gers a pris un nouvel arrêté (n° 32-2026-07-31-00004) encadrant les usages de l'eau potable dans le département.
Depuis le samedi 1er août 2026 à 8h00, de nouvelles restrictions s’appliquent à l’ensemble des usagers, incluant les entreprises et les activités professionnelles.
Quelles zones sont concernées ?
Le département est découpé en quatre zones de gestion. Deux d'entre elles font l'objet d'un passage au niveau de gravité Alerte renforcée :
- Zone Adour : Alerte renforcée.
- Zone Système Neste : Alerte renforcée.
- Zone Barousse : Vigilance.
Zone Forages : Vigilance.
Impact sur les activités professionnelles en zone d’alerte renforcée :
Pour les professionnels utilisant le réseau d'eau potable, les mesures principales sont les suivantes :
- Lavage de véhicules et engins nautiques : Interdiction totale, sauf si l'établissement est équipé de matériel haute pression ou d'un système de recyclage d'eau. Une dérogation existe pour les véhicules ayant une obligation réglementaire ou technique.
- Nettoyage des surfaces : Le nettoyage des façades, toitures, trottoirs et autres surfaces imperméabilisées est interdit, sauf s'il est justifié par un impératif sanitaire, sécuritaire ou lié à des travaux publics.
- Arrosage des espaces verts et pépinières : L'arrosage est interdit entre 8h00 et 20h00. Pour les pépinières, l'interdiction est totale sauf cas particulier (goutte à goutte ou impératif de survie des végétaux de moins de 3 ans).
- Activités de loisirs : Le remplissage des piscines privées est interdit (sauf remise à niveau ou premier remplissage sous conditions spécifiques).
Cas particulier des ICPE
Les établissements classés pour la protection de l'environnement (ICPE) doivent faire preuve de vigilance et appliquer les prescriptions spécifiques de leur propre arrêté d'autorisation.
En période de restriction, les ICPE doivent :
- Se référer à leur arrêté spécifique ou aux prescriptions générales liées à leur activité.
- Reporter les opérations exceptionnelles fortement consommatrices d'eau ou génératrices d'eaux polluées (ex : opérations de nettoyage à grande eau), sauf impératif sanitaire ou de sécurité publique.
- Tenir à jour un registre de prélèvement hebdomadaire.
Pour les ICPE dont le prélèvement d'eau total annuel est supérieur à 10 000 mètres cubes et qui sont soumises soit à autorisation soit à enregistrement :
- vigilance : sensibilisation accrue du personnel aux règles de bon usage et d'économie d'eau selon une procédure écrite affichée sur site
- alerte : réduction du prélèvement d'eau de 5 % ;
- alerte renforcée : réduction du prélèvement d'eau de 10 % ;
- crise : réduction du prélèvement d'eau de 25 %.
Sont exclues, les activités suivantes :
- Les installations nécessaires aux activités suivantes :
- captage, traitement et distribution d'eau destinée à la consommation humaine (eau potable) ou d'eaux conditionnées (eau de source, eau rendue potable par traitements, eau minérale naturelle);
- captage, traitement et distribution d'eau destinée aux établissements de santé, aux établissements et aux services sociaux et médico-sociaux
- alimentation en eau pour l'abreuvement, la santé, la survie et le bien-être des animaux et le respect des règles sanitaires liées aux animaux
- transformation agroalimentaire en flux poussé : transformation ou conditionnement en produits et ingrédients destinés à l'alimentation humaine et animale de matières premières périssables à l'état frais, qui ne sont pas à l'état congelé, et dont la transformation ne peut être différée ;
- production, distribution et cogénération d'électricité ;
- production et distribution d'énergie produite à partir de sources renouvelables mentionnées à l'article L. 211-2 du code de l'énergie ;
- production de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur et leurs principes actifs ou de médicaments contribuant à une politique de santé publique définie par le ministre chargé de la santé ;
- collecte, tri, transit, regroupement et traitement de déchets dangereux et non dangereux ;
- nettoyage des textiles utilisés au sein d'établissements de santé ;
- Les exploitants des établissements ayant réduit leur prélèvement d'eau d'au moins 20 % depuis le 1er janvier 2018 ;
- Les exploitants des établissements utilisant au moins 20 % d'eaux réutilisées par rapport à leur prélèvement d'eau, sous réserve du respect des exigences sanitaires et environnementales en vigueur ;
- Les exploitants des établissements nouvellement autorisés ou enregistrés depuis le 1er janvier 2023.
L'arrêté complet et la liste des communes par zone sont consultables sur le site de la préfecture et sur la plateforme nationale VigiEau

En cas de question sur l'interprétation de ces mesures ou si vous rencontrez une situation bloquante compromettant la viabilité de votre activité professionnelle, n'hésitez pas à contacter Maxime Deschuyteneer m.deschuyteneer[@]gers.cci.fr.
